PHOTO DE MOI
Combien d'heures me reste-t-il avant le regret? Déjà les premières bourrasques chamboulent le monde alentour. Eternellement obstinée, mais jamais dans le même sens. Seulement la direction.
Emerger. Cligner des yeux face à cet oeil sans pitié. Est-ce voulut, calculé que ta main soit encore posée délicatement dans la mienne? Feins ton sommeil, m'aprêtant à te cracher ton simulis de tendresse à la figure.
Il dormait. Il rêvait. D'un sommeil si profond et outrageux face à tant d'insomniaques... Cet intolérable fossette creusée par la pleinitude, la satisfaction. Ce Royaume Nouveau-Né auquel tu as tant de mal à t'arracher... Celui que j'ai perdu? Je ne sais plus quand. Juste il y a très longtemps. Peu importe mon stade d'hébétude en l'occurence si avancé, je reconnaîtrais un bonheur si parfait entre milliards. Si seulement tu pouvais porter ce pouce à tes lèvres, cela me permettrai de rengorger l'effet de larmes de bonheur, s'attendrissement.
Il n'en faut finalement pas tant que ça pour émouvoir une fille blasée/brisée. Groupez-vous, regardez-le, que votre misère vous frappe là plus que jamais, réalise ce que nous avons raté à force de toujours espérer renifler un air meilleur.
A vouloir tant goûter, il ne nous reste plus que l'arrière des restes orduriers. A vouloir tant vivre, on doit se rassasier de ce que les autres auront refusé quelques jours plus tôt. Etre encadré est un luxe que l'on capte rarement.
Maintenant je sais. Je sais tout grâce à toi, Petit, Salaud, innocent.
On aura put sillonner l'Europe pieds nus et t'enseigner milles et unes manières pour que ces merdes te montent dans l'euphorique bulle cranienne, tu sais tout, absolument tout ce qu'il te faut pour bien te lancer dans la vie.
J'aime le décor, mais je n'ai ni les instruments ni le mur. Le sens artistique, on s'asseoit dessus, et On a bien raison. Paye moi un mur blanc, et je... Et je Rien. Ces fabuleux bourgeons ne te sont pas indispensable. T'évader de ta crasse vivelle et oublier ton passé chute chute chute tu n'en a pas besoin, n'en aura jamais besoin.
Sortons seuls sur le balcons, muets, cernés, tous insomniaques et en manque.
"Il serait temps de prendre un décision, et une tournure nouvelle". Regards noirs. On est trop faible? Vous, oui. S'accouder à cette balustrade rouillée. Non, je n'en prendrais plus. Combien d'entre nous l'ont enjambée, sans qu'aucun autre ne bouge le moindre poil? Je ne compte plus. Ca ne m'interesse plus. La déchéance est évidente, je crois qu'à présent je peux constater et rapporter ces mots sans hésiter.
"Je m'en vais. Aimer la vie ne suffit pas."