Tes soupçons fondent, ensuite piétinés pat la foule. Je m'enivre de
l'odeur si sensuelle des corps en sueur. Ces battements de coeur à l'unisson, dictés par l'impulsion des notes
se déversant... Jamais repue. Le bouches s'ouvrent, les lèvres se recherchent, l'extase de savoir son corps
incontrolable, indépendant, sac de chair attiré puis repoussé brusquement, ce corps qui souffre et saigne dans
l'inconscience et l'indifférence de son propriétaire. Lever tes yeux embrûmés vers la haute voûte noire, sentir
cette marée t'enserrer, te contenir, t'embrasser et te frapper, gestes irréguliers, sa peau douce contre ma joue...
Hier, aujourd'hui et même demain, ce que j'ai pu ingurgiter volontairement ou non n'a aucune incidence. C'est
un mal de crâne faisant vibrer et résonner à l'infini toutes tes chutes erreurs et légères morts, une hymne à la
vie dans le spleen insoutenable. Se prendre la tête à deux mains, hurler, hurler inhumain pour que ces sons
outranciers se libèrent enfin et qu'ils ne percutent jamais plus rien pouvant créer un écho. Tous disent avoir
oublier, sourire innocent... J'ai la malchance de toujours me rappeler. Jamais, jamais je n'oublierai. Noir sur
blanc, imprimer sur l'intérieur de mes paupières, rêver à l'infini, chuter dans un sommeil sans cesse plus
épuisant et éprouvant. Je me souviens d'eux, les seuls que je n'aurai pas quitter par malice et sadisme, ceux
que je n'aurais jamais abandonnés. Mes amours à moi, mes seuls, ces amours qui n'ont pas périt dans l'âme
par mon éternelle lassitude. Ceux qui sont tout simplement mort physiquement, connement, et en même
temps. Ceux qu'ont pourrit ou qu'on fait le choix d'être brûlés. Cette mort qui m'a pénétrée si profondément
sans me prendre tout à fait. Jamais je ne l'aurai remercier, lui, le plus important de cette vie, lui qui l'aura
préservé pour ne former qu'un néant plus formidable encore. Ta petitoune vide, ta petitoune ne s'attanchant
plus à rien. C'est une salope, elle n'aime pas, n'as jamais su. Mensonges. Mais leurrez-vous, rendez-moi donc
service -Merci. J'ai aimer à vouloir en crever. Ces crépitement, cette chaleur insupportable, ta peau cuisante...
Pour rien au monde je ne me serais levée. C'est juste l'affaire de deux mains étrangères affolées. D'une
chance, il faudra le dire pour les beaux yeux du monde. As-tu déjà ressentit cette paix enveloppante et grande,
aimante et fraîche? La certitude de la fin, l'apaisement de les retrouver, des les aimer plus que jamais, la
certitude apaisante d'avoir vécut si bien et si amoureusement... Si profondément... Pourquoi m'arracher à cette
quiétude, toi? C'est l'instinct. L'instinct... Bon voyage. Je reste là, seule, incapable de tout. Libre à moi de ne
plus rien vivre et éprouver, tout s'est terminé lors de cette nuit rougeoyante, après il n'y a plus rien. Trou noir.
Libre à moi de mourir tard et grise, mourir tard et fade. Vide. Sincère. J'ai aimé. Jamais je ne pourrai éprouver
ces sentiments-là encore.