Pencher son visage au rebord du récipient. Au delà de tout interdit. Douleur fulgurante, odeur frappant de plein fouet. Puis plus rien. Un corps flasque s'écroule, et gis pendant des heures. Les yeux vides, l'horreur.
[ ]
Ce n'est qu'une histoire d'odeur. L'âme blessée, je suis amnésique. Visiter les lieux de sa mort. Là où m'a vie s'est effondrée l'espace d'un jour. J'ai ces dizaines de clichés que l'ont m'a tendu. Cette compassion qui les animaient tous, eux, créatures habituellement si perfide. Enveloppée dans cette couverture de laine, je ne suis qu'un petit animal traumatisé.
Je regarde. Béatitude. Des sourires. Regards complices. Trois bougies sur un gâteau qui s'effondre. Le temps d'une idylle. Non, plus que ça. Mais je ne nommerais pas. Je ne souhaite pas raviver la douleur. Plus les souvenirs se perdront dans ces méandres, mieux il sera pour moi, j'en suis consciente.
Lui et Moi.
C'est ma vie? C'était ma vie.
Un inconnu à casquette me mène le long de ce chemin de galets. Il a peur que je m'envole. Je le sens, il ne comprends pas. J'aimerais continuer seule, mais déjà mes jambes ne me portent plus.
Un jour, j'ai du faire le même chemin. Riant. Pressant la main d'un autre. Je m'imbibe de chaque détail qui m'entoure, tentant de remettre mes mains sur ce qui m'a appartenu, ce bonheur que j'étais si pressée d'oublier pourtant...
Abris de bois. Fermer les yeux. J'ai peur de ce qui me sera révélé une fois entrée.
[Stop.]
Creuser violemment dans les moindres parcelles de mémoires, mais il n'y plus rien. Un portail noir contenant tant de bonheur. Massacrer cette curiosité. Je ne peux plus simplement tourner les talons, m'en aller faire ma vie.
Rien ne revient. Mais rien ne s'efface.
Cette eau fraîche caresse mes pieds. M'enivrer des songes que tu m'insuffles, ta présence omniprésente malgré ton cadavre... Il suffit de fermer les yeux. Tu m'ensevelis de tes murmures, le vent me rappelle tes doigts...
Me peau est douce. Toujours. Mais les jeux de la séduction m'ont depuis longtemps dépassés. A présent, ce n'est plus que des mains sans vies, la fluide et la fusion à jamais disloqués. Jamais plus mes sens jailliront sous le moindre effleurement.
Il y a Toi. Et Rien.
Ce grand rien qui me remplit jusqu'à ras bord, déborde pour leur plus grand plaisir pervers. Combler le vide, vaincre le néant qui me ronge le cerveau, réduisant mes ambitions en cendres. Fuir ton emprise macabre plongeant mes yeux dans ceux d'autres... Mais depuis que je ne t'ai plus vu je suis aveugle, aveugle à toute autre beauté que la tienne.
Jouir? Une faculté perdue, poussière éparpillée dans le vent. Et pourtant si indispensable à la vie. Et comme tu me l'avais appris, son seul but.
Je ne suis que par Toi.
Personne ne dégustera jamais mes lèvres comme toi tu le faisais. Et je te regardais, fascinée, ces grands gestes, tes lèvres mouvantes, tes yeux débordant de rêve et de gloire...
Je sais sans savoir. Incohérence monumentale. Je ne me souviens de rien. Mais tout est ancré en moi.
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Ce n'est qu'une histoire d'odeur. L'âme blessée, je suis amnésique. Visiter les lieux de sa mort. Là où m'a vie s'est effondrée l'espace d'un jour. J'ai ces dizaines de clichés que l'ont m'a tendu. Cette compassion qui les animaient tous, eux, créatures habituellement si perfide. Enveloppée dans cette couverture de laine, je ne suis qu'un petit animal traumatisé.
Je regarde. Béatitude. Des sourires. Regards complices. Trois bougies sur un gâteau qui s'effondre. Le temps d'une idylle. Non, plus que ça. Mais je ne nommerais pas. Je ne souhaite pas raviver la douleur. Plus les souvenirs se perdront dans ces méandres, mieux il sera pour moi, j'en suis consciente.
Lui et Moi.
C'est ma vie? C'était ma vie.
Un inconnu à casquette me mène le long de ce chemin de galets. Il a peur que je m'envole. Je le sens, il ne comprends pas. J'aimerais continuer seule, mais déjà mes jambes ne me portent plus.
Un jour, j'ai du faire le même chemin. Riant. Pressant la main d'un autre. Je m'imbibe de chaque détail qui m'entoure, tentant de remettre mes mains sur ce qui m'a appartenu, ce bonheur que j'étais si pressée d'oublier pourtant...
Abris de bois. Fermer les yeux. J'ai peur de ce qui me sera révélé une fois entrée.
[Stop.]
Creuser violemment dans les moindres parcelles de mémoires, mais il n'y plus rien. Un portail noir contenant tant de bonheur. Massacrer cette curiosité. Je ne peux plus simplement tourner les talons, m'en aller faire ma vie.
Rien ne revient. Mais rien ne s'efface.
Cette eau fraîche caresse mes pieds. M'enivrer des songes que tu m'insuffles, ta présence omniprésente malgré ton cadavre... Il suffit de fermer les yeux. Tu m'ensevelis de tes murmures, le vent me rappelle tes doigts...
Me peau est douce. Toujours. Mais les jeux de la séduction m'ont depuis longtemps dépassés. A présent, ce n'est plus que des mains sans vies, la fluide et la fusion à jamais disloqués. Jamais plus mes sens jailliront sous le moindre effleurement.
Il y a Toi. Et Rien.
Ce grand rien qui me remplit jusqu'à ras bord, déborde pour leur plus grand plaisir pervers. Combler le vide, vaincre le néant qui me ronge le cerveau, réduisant mes ambitions en cendres. Fuir ton emprise macabre plongeant mes yeux dans ceux d'autres... Mais depuis que je ne t'ai plus vu je suis aveugle, aveugle à toute autre beauté que la tienne.
Jouir? Une faculté perdue, poussière éparpillée dans le vent. Et pourtant si indispensable à la vie. Et comme tu me l'avais appris, son seul but.
Je ne suis que par Toi.
Personne ne dégustera jamais mes lèvres comme toi tu le faisais. Et je te regardais, fascinée, ces grands gestes, tes lèvres mouvantes, tes yeux débordant de rêve et de gloire...
Je sais sans savoir. Incohérence monumentale. Je ne me souviens de rien. Mais tout est ancré en moi.



